En poursuivant votre navigation sur point-q.com, vous acceptez notre politique de cookies. Apprenez-en plus sur la gestion de vos données personnelles en cliquant ici.

close
La drogue et le sexe

Aujourd’hui chez Jeannette Spectaculaire, nous parlons sexe et drogue. Si les hippies sont rentrés chez eux, s’ils ont tous coupés leurs cheveux, s’ils sont devenus nos parents, le sexe et la drogue, eux, sont toujours d’actualité.

Vous connaissez la maison, ici nous ne voulons rien diaboliser, mais il est important de parler ouvertement de cette jouissance : drogue et sexe, sexe et drogue. Plaisir interdit mais qui existe et se pratique au quotidien.

Pour bien s’ambiancer, j’aimerais dans un premier temps faire un point “drogue”. Comme je ne suis pas Nancy Reagan, je m’abstiendrai de dégainer son fameux slogan “Just say no”.

Pourquoi?

Parce que je n’ai aucune influence sur votre consommation. Parce que cela ne me concerne en rien. Parce que je ne peux et ne veux pas m’ériger en Sainte Mère Jeannette, parce que l’hypocrisie n’a pas sa place chez Point Q.

Mais j’aimerais au moins vous aider à rester safe, quoi qu’il advienne. 

La drogue, le sexe, leur petite histoire !

Si vous pensez être les premier⋅e⋅s à associer drogues et sexe, je vous le dis tout de suite, ce n’est pas le cas. Ce n’est même pas le cas des enfants des 70’s ! 

Les premières traces écrites d’utilisation de drogue remontent à bien longtemps. La plus ancienne mention d’usage d’opium (plus précisément la plante du pavot à opium) se trouve sur une tablette sumérienne, en 2100 av J.C. 

Sur cette tablette (qui se trouve être une prescription médicale), pour peu que l’on sache lire le sumérien, nous pouvons y trouver un idéogramme spécifique composé de “drogue” et de “joie” désignant l’opium. 

Je ne sais pas vous, mais personnellement, j’emploie rarement le terme “joie” quand je parle à mon pharmacien.

Avance rapide, nous voilà déjà au 19ème siècle ! Temps des grands poètes et écrivains romantiques, nous trouvons à cette époque de nombreuses œuvres littéraires narrant leurs expériences de défonce, ces voyages du corps et de l’esprit à coup d’opium (encore) et de laudanum. 

D’abord analgésiques, donc médicaments utilisés pour diminuer les douleurs, ces opiacés sont bien souvent consommés à titre récréatifs. La Grande-Bretagne étant notamment connue à cette époque pour ces nombreuses “fumeries d’opium”.

D’accord, le laudanum soigne la diarrhée, la rage de dent et la syphilis. Mais il apporte aussi aux poètes (comme Thomas de Quincey) la découverte de nouvelles sensations sensorielles et sensuelles.

Pourtant l’addiction à ce produit est rapide, Quincey en disait même :

« les terreurs vengeresses que l'opium tient en réserve pour ceux qui abusent de sa douceur »

Aujourd’hui, il y a un nombre incalculable de produits sur le marché, de la simple weed aux psychédéliques. Mais depuis toujours, la drogue est souvent de concert avec le désir.

Pourquoi les deux vont souvent de pair?

Aujourd’hui, les drogues sont excitantes parce qu’elles tiennent de l’interdit. Elles sont aussi un sujet tabou, tout comme peut l’être la sexualité dans notre société. 

Il est donc facile d’associer les deux, la drogue ayant un pouvoir désinhibant qui permet de se laisser aller à son désir.  

Parce que sa consommation permet parfois d’être insouciant⋅e, de trouver un échappatoire, d’être pendant un instant celui ou celle que l’on aimerait devenir. De faire tomber les barrières d’une société ou d’une famille trop conservatrices, trop enfermantes.

Les corps s’abandonnent et cela peut être vécu comme une libération. 

Mais quand la drogue prend le pas sur la sexualité, elle n’est plus plaisante, elle se transforme en besoin absolu. Et quand le divertissement passe à la trappe, quand il y a une obligation de consommer pour avoir un rapport sexuel, quand il est plus important de se fournir avant même de penser au cul : je crois que l’on peut parler d'addiction.

Cette pratique, où la drogue est indissociable d’un rapport sexuel est appelé le CHEMSEX et je souhaiterais vous en parler de manière plus approfondie dans un prochain article. En attendant, voici les questions à se poser si vous pensez vous mettre en danger en mélangeant défonce et sexualité. 

La question de la dépendance à la drogue

Je ne vous apprends rien : il y a plusieurs dangers à prendre de la drogue de manière répétitive, notamment l'addiction.

Que ce soit pour une simple soirée, juste par curiosité, juste comme on prendrai un verre ou que l’on soit grand consommateur, chacun vit (ou subit) la prise de drogue différemment.

Bien sûr vous n’allez pas, juste en clignant des yeux, passer du joint que votre cousin vous a fait fumer en 1999 en écoutant les Red Hot Chili Peppers aux réunions des narcotiques anonymes. 

Effectivement, il y a une différence notable entre l'expérimentation d’une drogue et son usage quotidien. Mais l’addiction est une réalité. Et il serait triste de basculer dans ce monde ou le simple désir n’existe plus.

L’addiction et le sexe : un mélange dangereux

Quels sont les risques majeurs que l’on peut rencontrer lorsque le désir et la défonce sont indissociables?

L’oubli des rapports sexuels

À cause de certaines drogues, il est possible d’oublier vos dernières parties de jambes en l’air. D’oublier avec qui et comment.

En vous défonçant, vous vous sentez moins pudique qu’à l’accoutumée. Si cela peut sembler une bonne idée, c’est malheureusement souvent la porte d’entrée à la consommation de drogues “dures”, entraînant des pertes de conscience.

La question du consentement

Lorsque l’on se drogue, on se trouve dans un état second, il est possible de ressentir de la paranoïa, un manque de discernement ou même de l’apathie. Il devient alors difficile et même parfois impossible d’exprimer ou de comprendre clairement le refus d’un rapport sexuel.

Peut-on vraiment se protéger? 

S’il est déjà compliqué, au cœur de l’action, de tout mettre en pause pour penser à se protéger, on peut imaginer comme il est difficile de rester prudent lorsque l’on a pris de la drogue.

Les risques de transmission de maladie sont donc décuplés. MST, hépatite et même VIH.

À quel moment tout bascule? 

Impossible de le dire, ce serait bien trop simple. 

Souvent, la défonce entraîne une perte de repère et il est difficile de trouver le chemin de retour vers son corps, vers sa propre identité. Alors que tout semblait fun, inédit et plein de couleurs, quand on pensait être en contrôle de sa consommation, on se rend compte que tout a changé.

Dans ces cas là, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide. C’est pourquoi je vous laisse ci-dessous les numéros d’association à contacter si vous en éprouvez le besoin.

Ces groupes sont de nombreuses petites mains qui vous permettront de rentrer chez vous, si vous vous sentez perdu⋅e⋅s.

Je ne vous dis pas que ce sera facile, mais j’insiste, vous n’êtes pas seul⋅e⋅s.

Les numéros, les aides disponibles.

Le groupe d’entraide Facebook mis en place par l’association AIDES (groupe fermé accessible sur demande)

Le numéro d’appel d’urgence « Chemsex » de AIDES : 01 77 93 97 77 (numéro non surtaxé)

Les antennes locales de AIDES

Drogues info service pour des informations sur les effets et risques des drogues consommées, pour faire le point sur leur consommation ou pour être orienté⋅e⋅s vers des professionnel⋅le⋅s spécialisé⋅e⋅s dans les addictions : 0 800 23 13 13 (service et appel anonyme et gratuit, 7j/7 de 8h à 2h).

Le dernier mot de Jeannette 

Je le répète, je n’ai aucune volonté de juger, de condamner. 

Mais si je vous ai heurté⋅e, de quelques manières que ce soit, n’hésitez pas à me le dire et je corrigerai bien sûr mon article.

J’aimerais que cet espace que nous avons créé ensemble reste bienveillant et pour cela, il est nécessaire que chacun puisse faire entendre sa voix.

Je suis toujours disponible ici : jeannette@point-q.com

À très vite,

Jeannette Spectaculaire

Artiste : Nicole Donut

Crédit Visuel de couverture : Sadrie

Commentaires

laisse ton commentaire

* Champ requis

Captcha
navigation