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La sexualité expliquée aux enfants

Parler de sexualité aux enfants, voilà un sujet... compliqué dirons-nous ! Certains parents n’osent (ou ne souhaitent) pas aborder ce chapitre au sein du foyer. Pourtant, il faut bien que quelqu’un s’y colle !

Mais est-ce à l’école de s’en charger? Faut-il que les enfants l’apprennent par d’autres biais? Spoiler Alert : NON.

Sorry mais il faut le comprendre : les cours d’éducation sexuelle (même s’ils peuvent être d’une grande aide) et Youtube ne remplaceront jamais la communication, l’écoute qu’un parent peut offrir à son ‘tiot.

Il est donc nécessaire de respirer un grand coup et de lancer la tant redoutée discussion...

... Même si vos adolescent.e.s vous claquent la porte au nez (rouge de honte) dès que vous glissez le mot “préservatif” (ou capote si vous souhaitez conserver votre street cred).

Même s’ielles pensent que vous êtes de vieux.vieilles antiquités à la sexualité aussi débridée qu’un gastéropode.

Même si vos plus jeunes se mettent à hurler PÉÉÉNIIIIIIS en boucle, se tordant de rire quasi jusqu’à en vomir, quand vous tentez d’expliquer que oui, c’est le terme correct. (Contrairement à zizi. Ou quéquette.)

Il va falloir vous y faire. Être parent parfois ça craint, c’est chiant et souvent ça mène à des conversation que l’on préférait tou.te.s éviter.

Alors on révise ses basiques (histoire de ne pas raconter de conneries) et on essaie de rester cool !

Pour nous aider, Jeannette a rencontré Olivier papa d’enfants de 11 ans et de 7 ans. Il partage avec nous son expérience et ses quelques astuces ! 

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Bonjour Olivier, merci de répondre à mes questions aujourd’hui :)

Il vient un temps où chaque parent doit parler de sexualité avec son enfant. Est-ce une étape que tu appréhendais?

Pas vraiment : quand j’étais enfant ma mère m’avait expliqué la base de la sexualité avec des mots directs et clairs, (et même des schémas !) sans sembler être gênée. Ça m’avait laissé comme première impression qu’il s’agissait d’une chose naturelle et simple. J’avais donc pour objectif de parent, quand le moment serait venu, de suivre cet exemple. Bon : pour être franc la mise en œuvre n’est pas aussi facile qu’espéré. 

À quel âge tes enfants ont commencé à s’interroger sur la sexualité?

La question : “d’où viennent les bébés” est arrivée très tôt. Dès que les enfants essaient de comprendre le monde… Et cette interrogation a la même valeur que “d’où viennent les nuages ?”, “où s’en va le soleil ?”, “comment ça marche une voiture ?” ou n’importe quelle autre question du même ordre. 

Les premières explications ont été basiques et succinctes (à base de demi-graine qui vient du papa et qui rencontre une demi-graine dans le ventre de la maman, ou quelque chose d’approchant).

Et puis, les questions se font (et se feront) plus précises suivant le besoin de l’enfant, son éveil, …

Penses-tu qu’il soit nécessaire d’utiliser les mots vagin, pénis? Certains enfants usent de termes plus vulgaires ou infantilisants. Est-ce important pour toi de les reprendre?

J’essaie de reprendre leurs termes (plutôt ‘“infantilisants”, comme zezette, zizi, …) parce que ce sont leurs mots, ceux auxquels ils sont habitués, ceux employés dans la cour de récré. Mais je double l’explication en utilisant les mots “vulve” “vagin” “verge”…etc. Et plus ils grandissent, plus ils connaissent ces mots, et plus je les utilise.

Les questions ne sont de toute évidence pas les mêmes en fonction de l’âge de l’enfant. Est-ce plus difficile de parler à un pré-ado?

Disons qu’il est plus difficile de savoir où il en est de ses connaissances. En particulier depuis son entrée au collège. C’est un âge où l’accès aux savoirs sur la sexualité est plus facile – et pas forcément adapté. Au collège des enfants de 11ans côtoient des ados de 15ans… 

Jusqu’à présent, j’essayais de “distiller” les informations sur la sexualité en suivant son rythme.

Un de mes enfants est assez secret, de façon générale. Je guette donc les moments opportuns pour poser des questions ou anticiper ses interrogations. Une info entendue à la radio ou une lecture ont été des occasions d’évoquer des sujets comme la prostitution ou le comportement problématique de certains hommes.

As-tu déjà été pris au dépourvu, avec par exemple, une question gênante pendant le repas? Une recherche google inattendue? 

Il y a eu des questions pendant des repas. Mais ça n’a jamais été gênant.

Par contre, effectivement, récemment j’ai repéré dans l’historique de mon navigateur des éléments qui ont provoqué un début de discussion. Je me doutais que je devrais aborder ce genre de sujet mais là c’était un peu plus tôt que je n’aurais cru… Les enfants grandissent vite !

Je te laisse le mot de la fin, si tu as quelque chose à rajouter c’est le moment !

Comme tout parent, je crois, j’ai le fantasme de la bonne parole donnée au bon moment, des mots choisis et ajustés, de la discussion parfaite et intelligemment abordée. 

Et parfois ça me fait hésiter sur le choix du moment ou de la façon  de parler de sexualité. Mais je me dis qu’il n’y a jamais de réponse idéale, chaque parent fait ce qu’il peut suivant ce qu’il perçoit de son enfant. 

La sexualité est un thème qui peut créer des mythes, des angoisses… Surtout si l’enfant est livré à lui-même pour se débrouiller avec les signaux qu’il perçoit autour de lui. Du coup, même si on se plante un peu, qu’on est un peu à côté de la plaque, qu’on ne cerne pas parfaitement les besoins de réponses, c’est déjà énorme d’être présent sur ces sujets. 

Il y a plus à gagner qu'à perdre en abordant ce thème.

Merci beaucoup pour tes réponses et ton temps :)

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Bon, maintenant soyons honnêtes : Olivier se débrouille comme un chef.

Si comme moi, à la fin de cet échange, vous avez mentalement rejoué tous vos ratés, les questions habillement évitées parce que la journée était trop longue, les fois où vous avez laissé galérer votre partenaire, en vous esquivant en scred pour échapper à la conversation.

Ça ne fait pas de vous un.e mauvais.e parent. 

Mais l’éducation sexuelle est primordiale pour que vos gamin.e.s se sentent bien dans leurs corps et puissent avoir dans le futur une vie sexuelle épanouissante et responsable. Même s’il est difficile de trouver le bon compromis entre sensibilisation aux dangers (IST, violence) sans pour autant diaboliser le corps et la sexualité.

N’oubliez pas que son rapport au corps, à l’intime et à l’Autre construit un enfant, quelque soit son âge.

Pour autant vous n’êtes pas seul.e.s et vous avez le droit à vos erreurs et à vos errances. Si vous avez des questions, si vous êtes des parents coincés dans une situation délicate et qu’il vous faut un petit coup de pouce, n’hésitez pas, Jeannette est toujours là !

Je reste juste à côté, alors envoyez-moi un petit mail à jeannette@point-q.com

À très vite,

Jeannette Spectaculaire.  

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