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Le polyamour, la grande Aventure de l’Amour multiple

Lorsque l’on parle relation, inlassablement, la même question est sur toutes les lèvres : “En couple ou célibataire?”. Comme si ces seuls statuts faisaient office de loi. Pourtant les relations humaines et amoureuses se déclinent sur un bien grand spectre, où l’on retrouve toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

Nous voilà en 2020 ! Pourtant, il est toujours difficile de partager ses aventures de coeur quand on s’éloigne de la norme imposée du couple hétérosexuel. 

Mais vous le savez, Point Q est une famille où chacun⋅e peut trouver sa place, où chacun⋅e peut prendre la parole et raconter son histoire. Aujourd’hui nous allons donc parler de l’Amour multiple ! Nous écouterons Alex qui vit actuellement une relation polyamoureuse et Betty qui pense à l’amour au pluriel, sans pour autant sauter le pas.

Le polyamour qu’est-ce que c’est?

Le polyamour (de l'anglais polyamory), ou pluriamour, est une orientation et une éthique des relations amoureuses où les partenaires sont en relation amoureuse avec plus d'une personne, avec le consentement éclairé de toutes les personnes concernées.

[ Merci Wikipédia ❤️ ]

La racine du mot polyamour vient du grec “poly” (plusieurs) et du latin “amor” (amour). Rien de plus simple ! Tout est dans le titre.

Polyamour est un terme assez récent qui date des années 90. Il apparaît pour la première fois dans le magazine néo païen américain Green Egg qui parle de « non-monogamie consensuelle, éthique et responsable ».

Mais les relations plurielles existent depuis bien longtemps. De grands noms de la littérature sont connus pour leurs relations polyamoureuses tels que le couple Simone de Beauvoir - Jean-Paul Sartre, en ménage à 3 avec Olga Kosakiewicz.

Ou encore Virginia Woolf qui entretenait une relation avec Vita Sackville-West tout en étant mariée à Leonard Woolf. 

Crédit image : @Unicornbooty

De nos jours, l’idée que l’amour puisse se vivre à plusieurs et s’enrichir de cette multiplicité est de plus en plus répandue. Les nombreux cafés poly organisés en France donnent une vraie visibilité à nos polyamoureux. 

Betty, voulant comprendre ce qui l’attirait dans le polyamour, s’est rendue à un café poly

“Je pense que mon intérêt pour le polyamour a commencé par de la curiosité et un intérêt intellectuel plus que viscéral, des couples autour de moi, des lectures et témoignages sur internet. Puis un de mes partenaires a posé le polyamour comme une condition/espérance pour notre relation, me conseillant de fréquenter des cafés poly pour répondre à mes questions.” 

Pourquoi ne pas avoir sauté le pas ?

“Suite à nos discussions, les cafés poly et ma réflexion propre, je me suis rendue compte qu'à ce moment de ma vie et dans ces conditions, je serais "devenue" poly pour mon partenaire et pas par choix, en bref, la pire idée. Depuis, ça reste une idée en fond mais je me vois encore majoritairement dans une relation monogame. Après c'est une des discussions que l'on a régulièrement avec mon compagnon actuel sur les évolutions possibles de notre couple.”

Pour Alex, c’est notamment une rencontre sur Twitter qui l’a aidé à trouver son chemin vers les relations polyamoureuses :

“Au début, j'étais dans un couple exclusif : c'était nous deux, et rien d'autre. Mais j'avais de gros manques affectifs. Je ne vais pas blâmer mon petit ami de l'époque : je découvrais petit à petit mon identité de genre, et mon orientation romantique et sexuelle... Lui de même.

C'était beaucoup à gérer et je me sentais complètement à l'abandon, alors je flirtais avec beaucoup de monde, inconsciemment comme volontairement, d'ailleurs. Est venue la rupture avec mon premier grand amour ! Ça m'a tellement brisé. Je pensais ne jamais revenir à un couple mono.

Et voilà que Twitter m'a éclairé ! C'est une personne (qui est devenue un très bon adelphe avec le temps !) qui m'a tout expliqué et qui m'a donné ce schéma du polyamour.

Je suis maintenant dans une relation polyA (dans laquelle je suis très épanoui ) !”

La méconnaissance du polyamour

Le polyamour est souvent confondu avec la polygamie ou le libertinage. Les barrières peuvent sembler floues, tant il est difficile de donner une définition (souvent enfermante) à des relations ou chacun⋅e écrit ses propres régles. 

Entre le polyamour et le libertinage il y a : l’amour. C’est avant tout l’aventure humaine qui s'épanouit et se nourrit grâce à des sentiments forts, qu’il y ait une dimension sexuelle ou non. Contrairement au libertinage qui réside dans la pluralité de partenaires sexuels. 

La polygamie repose sur le mariage et sur l’exclusivité dans le cercle marital quand le polyA insiste sur la liberté de chaque partenaire, c’est-à-dire la liberté qu’a chacun⋅e d’aimer, de rester, de partir. Les amours se font doubles, triples (trouple) ou plus. Certains s’offrent pendant un temps quand d’autres restent toute une vie. 

C’est la grande beauté du polyamour, mais aussi sa complexité ! Alors quelles sont les difficultés que l’on peut rencontrer lorsqu’on veut se jeter à l’eau?

J’ai demandé à Alex s’il avait des appréhensions avant de commencer une relation poly : 

“Pour moi, non ! Je sais me gérer, je connais mes limites, mes dispositions, ma manière de fonctionner. J'avais peur d'être discriminé, comme je l'ai été dans mes relations mono. C'est triste à dire, mais pour celleux avec qui je savais que je n'allais pas rester bien longtemps, je ne prenais pas le temps d'expliquer. Mais pour les relations sur le long terme, je disais tout de suite la vérité. Et ça devenait toujours un casse tête :

"Que va penser l'autre ?"

Il n'y a pas d'angoisse à être polyA, mais il y a la peur qu'on justifie des violences à cause de cette condition. Je n'ai pas peur de "laisser tomber" mes partenaires, on me dit toujours que je suis très attentif, mais j'ai toujours peur qu'on retourne ça contre moi.”

Chaque relation polyA a ses propres régles. 

Une relation polyamoureuse hiérarchique n’aura pas les mêmes structures et dynamiques qu’une relation polyamoureuse anarchique. Le polyA hiérarchique reste centré sur un couple, le noyau dur. Cet amour est privilégié aux autres. On parle alors de relation primaire et de relation secondaire.

Lorsque l’on vit le polyA anarchique, (que l’on peut aussi appeler anarchie relationnelle ou encore anarel) aucun⋅e partenaire ne prévaut sur l’autre ! Les amoureux⋅ses sont différent⋅e⋅s mais ielles occupent la même place au sein de la relation.

La parole et la confiance avant tout. 

Comme pour une relation monogame, la communication, l'honnêteté et le respect sont les clés d’une relation polyA heureuse. 

Il y a une grande différence entre vouloir un amour polyamoureux et le vivre. Etre poly c’est accepter que ses partenaires trouvent du plaisir et de l’épanouissement avec l’(les’) Autre(s). Et ce joli sentiment a même un nom ! C’est la compersion, c’est-à-dire ressentir de la joie lorsqu’une autre personne est heureuse ! 

La confiance et le lâcher prise sont indispensables. Mais c’est un exercice de chaque jour.

J’ai demandé à Alex quelles étaient les grandes difficultés que l’on pouvait rencontrer en tant que polyamoureux :

"De manière générale, je suppose que les difficultés peuvent provenir des problèmes de confiance vis-à-vis du contrat (les fameux engagements que l'on tient, la polyfidélité de chacun). La jalousie peut être un gros facteur aussi. Surtout que pour certains, être polyA est juste un motif légitime pour la tromperie, ou bien cela peut éviter une infidélité ! C'est plus que dommage...

Que ce soit moi, mon copain, ou mes adelphes polyamoureuxes, nous trouvons qu'il faut vraiment parler pour avoir une relation saine. Bien communiquer, c'est important !"

Et les enfants? Est-ce possible dans une relation polyA? Alex nous en parle :

Oui, totalement !

Au même stade que les autres couples, les personnes polyamoureuses sont à-même de créer une famille si tel est leur souhait ! Du moment que l'on sait à qui il faut dire "P'pa" ; "Papa" ; "Père" et vice versa pour nos pair·e·s féminines et de genres non binaires, tout devrait bien aller !

Pour ma part, je ne sais pas. Je me dis que si j'ai un enfant avec mon petit ami, cela sera [ notre ] enfant, et mes partenaires seront des "beaux-parents", ou bien des meilleur·e·s potes. Il faudra juste expliquer aux enfants que c'est la forte liaison entre les personnes qui fait une famille, et non le sang. Que c'est comme lorsqu'on choisit ses ami·e·s.”

Crédit image : Elena Boils

Pour conclure !

Pour Betty, l’important est de trouver ce qui nous convient le mieux, tout en restant ouvert à d’autres aventures :

“Je pense que la relation la plus épanouissante c'est celle qui répond à vos besoins et vos envies propres, que vous ayez un⋅e partenaire ou 12. Mais ce n'est pas facile parce qu'on est encore maintenant élevé dans une société monogame où l'épanouissement passe forcément par une couple à deux, pas par le célibat ou le polyamour ou l'amour libre (qui sont vus comme des déviances ou des trahisons du partenaire).

Je me suis déconstruite sur de nombreux points mais je n'ai encore jamais été amoureuse de deux personnes en même temps. Comme si mes sentiments pour d'autres personnes étaient verrouillés dès que je tombe amoureuse de quelqu'un. Et je relie clairement ça à une éducation qui pose le couple à deux comme idéal. Ca prend du temps à déconstruire quelque chose d'aussi profondément ancré dans la culture !”

Alex nous donne un conseil pour passer du couple monogame au polyA :

CO-MMU-NI-QUEZ.

Il faut parler des choses qu'on accepte, et qu'on accepte pas. Le polyA est tout autant basé sur le consentement que n'importe quel rapport sexuel : il faut que ce soit consensuel, et consentant !

Polyamour, polyfidélité, tout ça, ça ne veut pas dire "accepter de coucher avec tout le monde". Tout dépend de votre mode de fonctionnement polyA, mais il faut comprendre chaque enjeu de chaque relation. Il ne faut pas "délaisser" ses partenaires, mais il ne faut pas vous surmener à avoir des dizaines de relations à ne plus savoir les gérer non plus. Écoutez vous, écoutez vos partenaires, écoutez votre cœur.

Merci Alex, merci Betty ! 

Le dernier mot de Jeannette !

En ces temps difficiles, il est important de se soutenir, d’écouter et aider ce qui en ont besoin. Il est plus que jamais nécessaire de célébrer l’amour, qu’il soit simple, multiple, platonique ou passionnel. Que ce soit l’amour d’un.e partenaire, l’amour d’un.e ami.e, l’amour d’une communauté.

Alors aimons nous !

Et n’oubliez pas, je reste là, à portée de mail : jeannette@point-q.com

Jeannette

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